Consortium de recherche et d’innovation en transport urbain au Canada
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Une stratégie robuste en matière d’hydrogène aidera l’Ontario à passer de l’essence à l’hydrogène

Le transport est au centre du casse-tête de la pollution dans la plupart des provinces canadiennes. En Ontario, le secteur des transports représente 38 % de la consommation totale de carburant et d’énergie de la province. Selon les statistiques du gouvernement, l’essence et le diesel dominent, avec près de 85 % du total des carburants de transport consommés en 2015.

Avec l’augmentation du prix de l’essence dans tout le pays et l’entrée en vigueur de la tarification du carbone, on s’attend à une nouvelle augmentation du coût des combustibles fossiles pour les ménages canadiens. Il est d’ores et déjà nécessaire de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles et de créer des alternatives crédibles capables d’éliminer les émissions tout en offrant aux consommateurs des options de transport moins coûteuses à long terme.

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La course mondiale à la mobilité et au transport à zéro émission a commencé sérieusement il y a dix ans. À l’heure actuelle, les engagements nationaux pris dans l’Accord de Paris sur le climat sont profonds et majeurs. Des villes comme Toronto, Montréal et Vancouver ont déclaré l’urgence climatique et ont insisté sur le fait que leurs flottes seront décarbonisées d’ici 2040 à 2050.

Les électeurs soutiennent la création d’une demande du marché pour un carburant hydrogène propre et vert et les politiciens au pouvoir les entendent.

Dans ce contexte, l’Ontario pourrait devenir le chef de file à l’échelle nationale en faisant partie de cet âge doré de la technologie. L’Alberta, la Colombie-Britannique et le gouvernement fédéral ont déjà publié des stratégies en matière d’hydrogène, assorties d’un financement important et d’objectifs de déploiement de projets de transport en commun.

Il est temps pour l’Ontario de rattraper son retard et de jouer un rôle de premier plan en créant une stratégie robuste en matière d’hydrogène, avec des projets de démonstration clairs axés sur le transport en commun pour la soutenir. Un véhicule de démonstration ferroviaire à hydrogène de Metrolinx modifierait fondamentalement le paysage, en augmentant le volume et en faisant baisser les prix de l’hydrogène vert. Mais il faudra attendre des années avant que cette solution ne soit mise en œuvre, le cas échéant. La stratégie immédiate du gouvernement doit se concentrer sur les déploiements massifs de flottes (de 10 à 30 bus par déploiement) dans les agences de transport en commun de la province au cours des 12 prochains mois.

D’ici septembre 2023, le paysage des autobus à hydrogène en Ontario doit progresser, sinon nous ne serons certainement pas en mesure de tenir la promesse d’une économie de l’hydrogène.

Le réseau électrique de l’Ontario est alimenté principalement par des sources propres et l’électricité est la matière première de l’hydrogène vert. L’Ontario pourrait devenir une superpuissance énergétique au Canada dans le domaine de la production de carburants.

Le gouvernement de l’Ontario a fait un premier pas important en lançant la stratégie provinciale sur l’hydrogène axée sur les nouvelles possibilités économiques et environnementales de l’économie de l’hydrogène. Mais cette stratégie comporte un inconvénient majeur : aucun financement n’a été prévu pour les déploiements dans les transports et aucune priorité n’a été accordée aux bus à hydrogène dans les transports en commun. Cette lacune doit être comblée.

Les principaux utilisateurs finaux comme le réseau de transport en commun de Mississauga sont prêts à collaborer.

Mississauga est en effet sur le point de mettre en œuvre le premier essai de démonstration d’autobus électriques à pile à combustible à hydrogène (AEPC). Avec 475 autobus à moteur diesel pour l’agence MiWay et des émissions de gaz à effet de serre des véhicules de transport en commun représentant 70 % de l’inventaire des émissions de la Ville de Mississauga, une mise en œuvre réussie accélérerait les progrès de la ville vers l’atteinte de son objectif de réduction des émissions de GES de 80 % d’ici 2050.

MiWay se prépare à lancer un projet de démonstration de 10 autobus à pile à combustible qui placerait l’agence en tête du peloton de l’électrification au Canada. Et ce projet soutiendrait la mise à l’échelle de l’approvisionnement en hydrogène vert pour les nombreuses agences de la région du Grand Toronto comme la Toronto Transit Commission, Brampton Transit et York Region Transit. Le transport en commun est l’un des créneaux du marché de l’hydrogène les plus fiables et les plus constants.

Aujourd’hui, l’hydrogène vert est produit à faible volume à Markham, en Ontario. Son coût est quatre fois supérieur à celui du diesel. Mais avec le projet d’innovation de MiWay, ce prix baisserait sur une période de cinq ans pour concurrencer le diesel.

Dans le cadre de sa stratégie sur l’hydrogène, la province doit aider Mississauga à couvrir les coûts supplémentaires de l’hydrogène vert par rapport au diesel au cours des cinq prochaines années, ce qui permettra d’augmenter le volume des bus et la production d’hydrogène. Aucune subvention supplémentaire ne sera nécessaire pour un futur système de transport vert, l’hydrogène à faible émission de carbone devenant compétitif par rapport au diesel.

Les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement en hydrogène croient que l’Ontario peut devenir un chef de file national et international dans le domaine de l’hydrogène, comme l’indique une récente lettre ouverte rédigée par le CRITUC et adressée au ministre de l’Énergie en janvier 2022.

Avec un écosystème industriel sain, des capacités de production d’hydrogène vert et le réseau de transport en commun le plus dense du pays, l’Ontario peut créer un impact économique et environnemental important dans le passage à l’hydrogène vert. La province doit maintenant investir dans l’industrie par le biais de projets de démonstration de transport en commun afin de garantir des avantages économiques et environnementaux pour tous les Ontariens et de mobiliser notre transition immédiate et nécessaire vers l’abandon de l’essence.