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Le Casse-Tête de l’Électrification – Passer au Net-Zéro dans le Paysage Énergétique Bouleversé du Canada

Side profile of Ontario's first carbon negative bus in Hamilton.

Le casse-tête de l'électrification : passer au net-zéro dans le paysage énergétique bouleversé du Canada

 

Le Canada est à l’aube d’une transformation sociétale majeure, électrifiant ses réseaux de transport pour avancer vers un avenir plus durable. Malgré ce changement positif, il existe des défis à surmonter. La dépendance aux combustibles fossiles au sein des systèmes énergétiques provinciaux actuels entrave l’efficacité de la transition du transport public vers l’électrique, gênant les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Bien que l’adoption de véhicules à émissions zéro (ZEV) soit un pas dans la bonne direction, la clé réside dans la mise à jour des méthodes de production d’électricité et la transition vers des réseaux plus propres et plus fiables.

 

Aborder les problèmes historiques des réseaux électriques

Les réseaux électriques sont l’épine dorsale de la vie moderne, alimentant chaque aspect de nos routines quotidiennes. Alors que la durabilité prend une place centrale dans les discussions nationales, l’empreinte carbone de ces réseaux est un aspect crucial. Comprendre l’intensité carbone de la production d’énergie à travers les provinces du Canada est vital, soulignant les disparités qui pourraient soit propulser, soit entraver les initiatives environnementales.

 

Selon les Profils énergétiques provinciaux et territoriaux par le Régulateur canadien de l’énergie, le secteur du pétrole et du gaz au Canada est apparu comme la principale source d’émissions de gaz à effet de serre, libérant 179,8 MT CO2e en 2020. Les transports ont suivi de près, émettant 159,2 MT CO2e, avec les industries et la fabrication à 94,4 MT, et les bâtiments à 87,8 MT. [1]

 

La figure ci-dessous [2] fournit une représentation visuelle des variations de l’intensité carbone associée à la production d’électricité à travers les provinces canadiennes en 2021. L’intensité carbone mesure la propreté de l’électricité. Elle fait référence à la quantité de dioxyde de carbone (CO2) libérée pour produire un kilowattheure (kWh) d’électricité.

 

Comprendre ces différences est crucial pour adapter les stratégies qui répondent aux capacités et aux besoins provinciaux dans le voyage vers un avenir plus vert.

 

Source : Gouvernement du Canada, Environnement et Changement Climatique

 

La transition vers des réseaux plus verts nécessite une approche multifacette, exploitant à la fois l’innovation technologique et les cadres réglementaires pour introduire une ère de production d’électricité durable, adaptée au paysage énergétique unique de chaque province.

 

Paysage énergétique diversifié

Les réseaux provinciaux du Canada présentent des stratégies énergétiques diversifiées, chacun reflétant ses propres histoires de dépendance énergétique. La Colombie-Britannique, le Manitoba, le Québec, Terre-Neuve-et-Labrador et le Yukon génèrent généralement plus de 80 pour cent de leur électricité à partir de l’hydroélectricité.

 

Impacts d’un réseau instable

Les répercussions dépassent les considérations environnementales pour s’étendre au domaine économique. Une infrastructure de réseau insuffisante présente des risques de retards de projets et d’augmentation des coûts pour les efforts d’électrification. La tension est palpable alors que les agences de transit s’efforcent d’introduire des ZEVs, préoccupées par la capacité du réseau à alimenter durablement cette transition.

 

Le rapport récent de CUTRIC à la ville de Cochrane déconseillait la transition vers un transit électrique en raison du manque d’infrastructure locale et de l’intensité carbone de l’infrastructure de réseau existante en Alberta. Cependant, avec de nouveaux développements dans la planification et la modernisation du réseau de l’Alberta, la ville de Cochrane et CUTRIC travaillent sur une stratégie de décarbonisation du transit révisée. Cette étude souligne la nécessité d’une planification minutieuse pour évaluer les coûts et les réductions de gaz à effet de serre associés à l’électrification par batterie dans des régions comme l’Alberta, où le réseau électrique dépend du charbon et du gaz naturel.

 

Dans une autre étude réalisée pour Codiac Transpo, des résultats similaires ont été trouvés. Malgré les efforts de Codiac Transpo pour diversifier ses sources d’énergie, le charbon continue de jouer un rôle substantiel dans le paysage énergétique de la province. Cette dépendance au charbon soulève des préoccupations que les réductions d’émissions résultant de la transition vers des autobus électriques peuvent ne pas répondre aux attentes. L’électricité alimentant ces autobus serait toujours partiellement générée par des centrales au charbon, limitant les avantages environnementaux anticipés. De même, la production d’hydrogène vert pour les FCEB repose sur des électrolyseurs alimentés par le réseau électrique du Nouveau-Brunswick, entraînant des émissions plus élevées que prévu initialement.

 

La composition du réseau électrique remet en question l’idée que l’électrification immédiate est l’approche de décarbonisation optimale pour les provinces qui dépendent fortement des combustibles fossiles pour la production d’électricité.

 

Équilibrage de l’offre et de la demande

Les réseaux électriques actuels subissent des tensions, affectant la productivité alors que nous progressons vers un avenir électrifié, non seulement dans les transports mais aussi en répondant à l’augmentation de la demande énergétique.

 

La transition vers les transports publics électriques est en cours, avec des provinces établissant des objectifs ambitieux pour éliminer progressivement les moteurs à combustion interne. Cependant, la transition des flottes vers l’énergie électrique pose un pic de demande significatif, dépassant les capacités actuelles du réseau et soulignant l’urgence d’améliorer les infrastructures.

 

Stratégies pour faire avancer l’évolution du réseau

Le chemin vers la transition soulève des questions critiques qui nécessitent des solutions pratiques alignées avec la gestion environnementale. Ici, nous considérons certaines stratégies pour améliorer les réseaux du Canada, les orientant loin de la dépendance aux combustibles fossiles vers un avenir dynamique et durable.

 

Investir dans l’infrastructure

 

Les investissements dans l’infrastructure électrique jouent un rôle crucial pour assurer la durabilité du secteur énergétique du Canada. Notamment, des initiatives comme le Plan CleanBC en Colombie-Britannique ont ouvert la voie en donnant la priorité aux entreprises d’énergie renouvelable et en modernisant le réseau pour réduire les émissions de gaz à effet de serre [3]. De même, l’engagement substantiel de 36 milliards de dollars de BC Hydro [4] envers les projets d’infrastructure locaux et régionaux, tel qu’il est décrit dans leur rapport Power Pathway, marque un pas important vers un avenir énergétique plus propre et une action climatique dans la province.

 

Plus à l’est, Hydro-Québec au Québec affirme sa position de leader en hydroélectricité [5], entreprenant des projets vastes pour augmenter la capacité et l’efficacité de son réseau.

 

Ces efforts mettent en lumière une reconnaissance croissante de la nécessité d’une infrastructure durable et mise à jour pour soutenir la transition vers des sociétés alimentées par l’électricité.

 

Priorisation de la production d’énergie propre

L’urgence de se tourner vers des sources d’énergie renouvelable est primordiale. L’éolien, le solaire et l’hydroélectricité ont le potentiel de redéfinir le paysage énergétique du Canada, fournissant la base d’énergie propre nécessaire pour un futur alimenté par des véhicules à émissions zéro (ZEV). Le déploiement et l’intégration stratégiques de ces sources doivent être effectués avec précision, en tenant compte des potentiels énergétiques régionaux.

 

À l’avant-garde de la production d’énergie propre, plusieurs projets notables à travers le Canada et l’Amérique du Nord se présentent comme un témoignage de la priorisation d’une transition durable. Un exemple est le barrage Site C en Colombie-Britannique, un projet ambitieux destiné à contribuer de manière significative à la capacité hydroélectrique du Canada, promettant de fournir 5 100 GWh d’électricité par an et d’augmenter l’offre actuelle de BC Hydro de 8 pour cent. [6]

 

En Ontario, la rénovation de la centrale nucléaire Bruce souligne un engagement envers l’énergie nucléaire comme source d’énergie à faible émission de carbone, visant à prolonger la durée de vie de l’installation et à augmenter sa capacité pour répondre aux demandes futures [7]. Au-delà des frontières du Canada, la ferme éolienne de Block Island aux États-Unis, la première ferme éolienne offshore des États-Unis, annonce un avenir où l’énergie éolienne joue un rôle pivot dans le mix énergétique nord-américain. [8]Ces initiatives reflètent un pivot stratégique vers l’exploitation des ressources renouvelables, telles que l’eau, le vent et la fusion nucléaire, pour renforcer le réseau face aux demandes croissantes d’un avenir électrifié tout en abordant simultanément les impératifs de l’atténuation du changement climatique.

 

Innovations en matière de stockage

Les technologies de stockage d’énergie, telles que les batteries et des solutions innovantes comme le stockage d’énergie par air comprimé, offrent une flexibilité, permettant au réseau de stocker l’excès d’énergie des renouvelables et de répondre aux demandes de pointe. Cela découple la consommation de la production, réduisant ainsi les émissions.

 

Un composant essentiel pour stabiliser et optimiser le réseau énergétique évolutif du Canada réside dans l’avancement et la mise en œuvre de solutions de stockage d’énergie. Des projets tels que le système de stockage d’énergie par batterie Oneida en Ontario soulignent l’engagement de la province envers l’énergie durable, avec la capacité de fournir immédiatement de l’énergie électrique au réseau, améliorant la fiabilité pendant les périodes de demande de pointe. [9] De même, le déploiement par Tesla de ses Megapacks aux systèmes de stockage WindCharger en Alberta représente un pas significatif vers l’atténuation de l’intermittence des sources d’énergie renouvelables en stockant l’excès d’énergie et en la déployant selon les besoins. [10] Dans le contexte plus large de l’Amérique du Nord, le projet Gateway Energy Storage en Californie, l’un des plus grands projets de stockage de batteries au lithium-ion au monde, illustre le potentiel étendu du stockage d’énergie pour soutenir la stabilité du réseau et promouvoir l’utilisation de l’énergie renouvelable. [11]

 

Ces exemples mettent en lumière une tendance croissante à investir dans le stockage d’énergie comme moyen d’assurer une infrastructure énergétique résiliente, durable et flexible, capable de répondre aux demandes d’une société progressivement électrifiée.

 

Réseaux électriques numériques et technologies avancées

Une nouvelle ère de numérisation, marquée par les réseaux intelligents et la gestion de l’énergie en temps réel, promet une efficacité et une fiabilité accrues. Les réseaux numériques fusionnent puissance et information, facilitant un équilibre entre l’offre et la demande crucial pour la gestion d’un mix énergétique renouvelable et diversifié.

 

Dans le but de raffiner l’efficacité et la fiabilité du réseau, de nombreuses initiatives canadiennes et nord-américaines ont été à l’avant-garde de l’intégration des réseaux numériques et des technologies intelligentes. L’Ontario prend une position de premier plan avec son Infrastructure de Mesure Avancée (AMI), améliorant la conservation de l’énergie et réduisant les coûts pour les consommateurs en leur permettant de surveiller et de gérer leur consommation d’électricité en temps réel. [12]

 

Dans le paysage nord-américain plus large, l’initiative Reforming the Energy Vision (REV) de New York est un modèle pionnier, se concentrant sur la construction d’un système de réseau numérique complet pour promouvoir l’efficacité énergétique, une plus grande utilisation de l’énergie renouvelable, et un déploiement plus large des ressources énergétiques “distribuées” telles que les micro-réseaux, le solaire de toiture, et le stockage d’énergie. [13]

 

Plaidoyer politique

Établir des cadres politiques complets est crucial pour créer un environnement propice à la modernisation du réseau. Inciter les investissements en énergie propre, simplifier les réglementations et harmoniser les politiques provinciales peuvent unir l’industrie vers une vision durable.

 

Au cœur de l’accélération de la transition vers des systèmes énergétiques électrifiés et durables se trouve le rôle crucial des cadres politiques. Récemment, le Canada a fait d’importants progrès avec l’introduction de son Plan climatique renforcé, qui fixe des objectifs ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, en partie en renforçant l’infrastructure électrique du pays pour soutenir l’énergie propre. [14]

 

Dans la région de l’ouest, l’Alberta a promulgué la Loi modifiant les Statuts sur l’électricité (Modernisation du réseau électrique de l’Alberta). Cette loi introduit des dispositions cruciales pour l’auto-approvisionnement et l’exportation illimités, accordant aux opérations industrielles importantes la flexibilité et le choix nécessaires pour optimiser les dépenses en électricité et maintenir la compétitivité au sein de la province. De plus, les nouvelles réglementations offrent de meilleures perspectives pour les entreprises commerciales de produire leur propre électricité, leur donnant la possibilité de profiter de la vente de l’énergie excédentaire au réseau. [15]

 

De même, le Pacte vert de l’Union européenne est une autre politique phare, visant à rendre l’Europe neutre en carbone d’ici 2050. Cette stratégie globale comprend un système électrique intelligent et sécurisé intégré à travers le continent pour faciliter le déploiement à grande échelle des sources d’énergie renouvelables. [16]

Ces politiques soulignent une reconnaissance collective de l’importance du soutien gouvernemental solide dans la promotion des transitions énergétiques propres, reflétant un engagement autoritaire envers la durabilité environnementale et la résilience énergétique à l’échelle mondiale.

 

Conclusion

Le Canada progresse dans l’électrification de son système de transport et l’amélioration de la résilience de ses réseaux, marquant une transformation nationale significative. Ce voyage complexe reflète le défi mondial d’aligner la transition énergétique avec les structures de réseau existantes. La quête du Canada pour un avenir durable et vert résonne à l’international, démontrant sa détermination à remodeler son paysage énergétique étape par étape.

 

Les comités de décarbonisation des transports de fournisseurs d’énergie et des services publics de CRITUC

Le comité des fournisseurs d’énergie et des services publics (PPU) est dédié à favoriser une discussion nationale cohésive. Il explore les opportunités, les défis et les solutions liés à l’influence croissante des services publics au Canada concernant l’électrification des transports.

 

Les sujets abordés incluent l’infrastructure de recharge pour véhicules électriques pour les systèmes de transit à haute puissance et à faible puissance, ainsi que les systèmes de transit électriques à pile à combustible à hydrogène.

 

Le groupe de travail discute des avancées technologiques de pointe concernant les autobus électriques et à pile à combustible, englobant les systèmes de stockage d’énergie intégrés.

 

De plus, ils évaluent les modèles d’affaires des services publics adaptés à des juridictions ou conditions spécifiques pour faciliter la croissance des entreprises de services publics dans ce secteur.

Le groupe de travail vise à formuler un ensemble de recommandations qui obtiennent un soutien unanime des représentants votants désignés des organisations membres de CUTRIC et des entités alliées opérant sur le marché de l’électricité.

 

Jetez un œil à nos prochains comités PPU ici.

Le Casse-Tête de l’Électrification – Passer au Net-Zéro dans le Paysage Énergétique Bouleversé du Canada
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Comité PPU #2_2024

Le comité des fournisseurs d’énergie et des services publics sur la décarbonisation du transport collectif tente d’établir un dialogue national

Le Casse-Tête de l’Électrification – Passer au Net-Zéro dans le Paysage Énergétique Bouleversé du Canada
Members committees
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Comité PPU #1_2024

Le comité des fournisseurs d’énergie et des services publics sur la décarbonisation du transport collectif tente d’établir un dialogue national

 

Rapport sur la stratégie des services publics

En 2021, CUTRIC a publié un rapport intitulé « Stratégies des services publics électriques pour l’électrification des transports ».

 

Le rapport offre une analyse complète du marché des stratégies d’électrification des transports lancées par les services publics électriques canadiens. Il fournit également une revue d’études de cas et de meilleures pratiques à travers l’Amérique du Nord liées aux stratégies d’électrification, y compris la législation et la réglementation qui favorisent la participation des services publics à l’électrification des flottes de transit.